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Manque de place en IME : comment défendre les droits de votre enfant autiste face aux refus ?

Par Me Matthieu Rouveyre • Dernière mise à jour le 21 mai 2026

Votre enfant bénéficie d'une orientation en institut médico-éducatif (IME), notifiée par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Pourtant, faute de place, aucun établissement ne l'accueille. Cette situation, fréquente, n'est pas une fatalité juridique : des droits existent, et des recours aussi.

Place en IME pour enfant autiste
Sommaire
  1. Une orientation en IME notifiée, mais aucune place
  2. Vos droits : la décision de la CDAPH s'impose
  3. Qui est responsable ? Le rôle de l'ARS et la notion de carence
  4. Les recours possibles
  5. Ce qu'un juge peut, et ne peut pas, ordonner
  6. Questions fréquentes
  7. Un IME peut-il refuser mon enfant parce que nous n'habitons pas son secteur ?
  8. Combien de temps prend une procédure d'urgence ?
  9. Le juge peut-il obliger un établissement à admettre mon enfant ?
  10. Que faire si l'établissement affirme n'avoir jamais reçu notre dossier ?
  11. Faut-il avoir saisi l'administration avant de saisir le juge ?
  12. La MDPH a refusé l'orientation en IME : que faire ?
  13. Mon enfant approche de vingt ans sans place pour adulte : que se passe-t-il ?
  14. Peut-on être indemnisé du préjudice subi ?
  15. Agir sans tarder
  16. Le retour d'une famille accompagnée par le cabinet

Une orientation en IME notifiée, mais aucune place

Chaque année, de nombreuses familles d'enfants autistes se trouvent dans la même impasse : la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a reconnu le besoin d'un accueil en IME, mais les établissements opposent des listes d'attente, des refus, ou un silence prolongé. L'enfant reste alors maintenu en milieu scolaire ordinaire, dans des conditions inadaptées à son handicap, voire totalement déscolarisé. La situation est la même lorsque l'orientation vise un SESSAD, un ITEP ou un dispositif médico-éducatif (souvent appelé « DAME ») : liste d'attente sans fin, puis parfois une notification qui arrive à expiration avant que la moindre place ne se soit libérée.

Ce manque de place n'est pas un simple aléa administratif : il prive l'enfant d'une prise en charge à laquelle il a droit, et fait peser sur la famille une charge épuisante. C'est aussi, juridiquement, une situation contestable.

Vos droits : la décision de la CDAPH s'impose

Une orientation en IME n'est pas une faveur de l'administration : c'est un droit.

Lorsque ces droits restent lettre morte, la responsabilité des pouvoirs publics peut être recherchée.

Qui est responsable ? Le rôle de l'ARS et la notion de carence

Beaucoup de familles s'épuisent à solliciter la MDPH. Or la MDPH oriente, mais elle n'a pas la maîtrise des places en établissement.

C'est l'agence régionale de santé (ARS) qui est l'autorité de tutelle des IME : elle autorise leur création, les finance et régule l'offre médico-sociale sur son territoire. Lorsqu'un enfant titulaire d'une orientation valable reste durablement sans solution, ce défaut de prise en charge peut constituer une carence de l'autorité publique, c'est-à-dire un manquement à l'obligation d'accomplir les démarches qui lui incombent.

Cette carence n'est pas une fatalité : elle peut être portée devant le juge. Encore faut-il l'établir, et viser la bonne autorité.

Les recours possibles

Selon la situation, plusieurs voies de droit peuvent être mobilisées devant la juridiction administrative :

Chacune de ces voies obéit à des conditions, à des délais et à une logique propres. Le choix de la procédure, et la manière de la construire, dépendent étroitement de votre situation : c'est précisément là que se joue l'issue du dossier.

Ce qu'un juge peut, et ne peut pas, ordonner

Ces démarches doivent être abordées avec lucidité. Le juge administratif ne crée pas de place et ne peut, en principe, ordonner l'admission de force d'un enfant dans un établissement déterminé.

En revanche, il peut contraindre l'autorité compétente à accomplir réellement les diligences qui lui incombent : rechercher sérieusement une solution, interroger les établissements, et rendre compte de ses démarches. Une décision de justice ne garantit donc pas, à elle seule, une place. Mais elle fait sortir l'administration de l'inaction et modifie le rapport de forces en faveur de la famille.

Comprendre cette nuance, et calibrer en conséquence ce que l'on demande au juge, est déterminant : une demande mal formulée est rejetée.

Les décisions récentes le confirment : des tribunaux ont enjoint à l'agence régionale de santé d'accomplir, sous quelques jours, les diligences nécessaires, sans ordonner l'admission de l'enfant.

Questions fréquentes

Un IME peut-il refuser mon enfant parce que nous n'habitons pas son secteur ?

Non, ce motif n'est pas juridiquement fondé : la décision de la CDAPH vaut sur tout le territoire national. La réalité des pratiques est toutefois plus complexe, et la réponse à y apporter dépend du dossier.

Combien de temps prend une procédure d'urgence ?

Le référé-liberté est une procédure rapide : le juge peut statuer en quelques jours. Encore faut-il que la situation réponde aux conditions strictes de l'urgence.

Le juge peut-il obliger un établissement à admettre mon enfant ?

En principe non. Le juge ne crée pas de place et n'impose pas une admission. Il peut en revanche contraindre l'administration à agir et à rendre compte de ses recherches.

Que faire si l'établissement affirme n'avoir jamais reçu notre dossier ?

La conservation de toutes vos démarches (courriels, courriers, dates) est essentielle : ce sont ces preuves qui permettent de rétablir la réalité. Leur exploitation devant le juge relève d'une stratégie à construire.

Faut-il avoir saisi l'administration avant de saisir le juge ?

Certaines démarches préalables sont, en pratique, déterminantes pour la solidité d'un recours. Leur nature et leur forme s'apprécient au cas par cas.

La MDPH a refusé l'orientation en IME : que faire ?

Le refus de la MDPH se conteste, par un recours préalable puis devant le juge compétent, qui n'est pas le tribunal administratif. Voir notre page Contester une décision de la MDPH : orientation, AESH, AEEH, PCH, quels recours ?.

Mon enfant approche de vingt ans sans place pour adulte : que se passe-t-il ?

La loi permet, dans certains cas, de maintenir le jeune adulte dans son établissement dans l'attente d'une place adaptée, mais ce maintien n'a rien d'automatique. Voir notre page Jeune adulte autiste sans place à vingt ans : amendement Creton, MAS, FAM, foyer de vie.

Peut-on être indemnisé du préjudice subi ?

Oui, la responsabilité des pouvoirs publics peut être engagée pour obtenir réparation du préjudice de l'enfant et de sa famille. L'évaluation de ce préjudice dépend de chaque situation. Dans certains cas, un référé-provision permet d'obtenir rapidement une avance sur l'indemnisation.

En 2026, les cours administratives d'appel ont encore condamné l'État dans des dossiers de ce type.

Agir sans tarder

Le temps joue contre l'enfant. L'absence de prise en charge adaptée aggrave les troubles, fait perdre des acquis et épuise la famille. Les procédures, par ailleurs, obéissent à des délais courts.

Ces recours ne s'improvisent pas : un dossier mal construit, qui ne démontre pas l'urgence comme le juge l'attend ou qui demande ce que le juge ne peut pas ordonner, est fréquemment rejeté, parfois sans même être examiné au fond. Un recours perdu, c'est un temps précieux perdu pour l'enfant. En août 2026, à la veille de la rentrée, un juge des référés a ainsi rejeté sans audience la requête d'une mère dont les dernières démarches remontaient à cinq mois : il a estimé qu'on ne pouvait attendre la fin de l'été pour soutenir que seule une décision rendue en quarante-huit heures permettrait de remédier à la situation.

Le cabinet accompagne les familles confrontées au manque de place en établissement médico-social : analyse de votre situation, choix de la voie la mieux adaptée et conduite de la procédure. Le cabinet a récemment obtenu d'un tribunal administratif, en référé-liberté et en quelques jours, une décision enjoignant à une agence régionale de santé d'accomplir les diligences nécessaires : l'enfant a obtenu une place en institut pour la rentrée suivante.

Le retour d'une famille accompagnée par le cabinet

« Maître Rouveyre [...] nous a accompagnés dans notre démarche avec patience et dévouement. Mon fils, porteur de handicap et souvent mis à l'écart par les institutions, a trouvé dans l'engagement de Maître Rouveyre une véritable étincelle d'espoir [...]. Il se soucie également de l'avenir de notre fils, afin qu'il puisse trouver sa place dans la société. Nous le recommandons vivement, tant pour ses qualités humaines que pour son professionnalisme sans faille. » (avis Google de juin 2026)

Si votre enfant dispose d'une orientation en IME et reste sans solution, ne restez pas seuls : faites le point sur vos droits. Toutes nos pages consacrées aux familles sont réunies sur la page Avocat pour les familles d'enfants autistes ou handicapés : MDPH, école, IME.

 

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