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Combien de temps avez-vous pour contester une décision administrative ?

Par Me Matthieu Rouveyre

Vous venez de recevoir une décision de l'administration et vous vous demandez combien de temps il vous reste pour la contester ? C'est le bon réflexe : en contentieux administratif, le délai est la première chose à vérifier. Une décision parfaitement contestable devient inattaquable une fois le délai expiré, quelle que soit la solidité des arguments.

Cette page vous donne les règles essentielles. Mais chaque situation a ses particularités : en cas de doute, faites vérifier votre délai rapidement, la consultation prend moins de temps que le délai n'en laisse.

Sommaire
  1. La règle de base : deux mois
  2. Le point de départ : vérifiez la notification
  3. Le silence de l'administration : la décision implicite
  4. Le recours administratif interrompt le délai, une seule fois
  5. Les pièges qui raccourcissent ou faussent le calcul
  6. Délai dépassé : tout n'est pas toujours perdu
  7. Le bon réflexe : faire vérifier votre délai sans attendre

La règle de base : deux mois

Le principe est simple : vous disposez de deux mois pour saisir le tribunal administratif, à compter de la notification de la décision (pour une décision individuelle) ou de sa publication (pour un acte réglementaire).

Deux mois, c'est court : le temps de comprendre la décision, de réunir les pièces, de construire une argumentation et, souvent, de tenter d'abord une démarche amiable. C'est pourquoi la question du délai se pose dès le premier jour, pas la dernière semaine.

Le point de départ : vérifiez la notification

Le délai ne court que si la notification comporte la mention des voies et délais de recours. Si la décision ne vous dit pas devant qui et dans quel délai la contester, le délai de deux mois ne vous est pas opposable.

Attention toutefois à la fausse bonne nouvelle : même en l'absence de ces mentions, le juge considère qu'on ne peut plus contester une décision au-delà d'un délai raisonnable, fixé en principe à un an à compter de la notification ou de la date à laquelle il est établi que vous en avez eu connaissance. Une notification irrégulière donne du temps ; elle n'en donne pas indéfiniment.

Le silence de l'administration : la décision implicite

Vous avez formé une demande et l'administration ne répond pas ? Son silence fait naître une décision implicite, en principe au bout de deux mois. Selon les cas, ce silence vaut acceptation ou rejet : la loi pose le principe de l'acceptation, mais les exceptions sont si nombreuses (réclamations et recours administratifs, demandes financières, relations entre l'administration et ses agents, notamment) que le rejet reste la règle dans la plupart des contentieux.

En cas de rejet implicite, un nouveau délai de deux mois s'ouvre pour saisir le juge. Et si une décision explicite de rejet arrive ensuite, elle fait repartir le délai. Le calcul devient vite technique : c'est précisément le genre de vérification qu'un avocat sécurise en quelques échanges.

Le recours administratif interrompt le délai, une seule fois

Former un recours gracieux ou hiérarchique dans le délai de deux mois interrompt celui-ci : un nouveau délai complet repartira à compter du rejet, exprès ou implicite, de ce recours.

Mais cette protection ne joue qu'une fois : un second courrier après un premier rejet ne rouvre rien, et la réponse qui lui serait faite ne serait que confirmative. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce recours, qui ne se tente utilement qu'une seule fois, mérite d'être construit avec soin.

Les pièges qui raccourcissent ou faussent le calcul

Délai dépassé : tout n'est pas toujours perdu

Si le délai de deux mois semble expiré, plusieurs pistes méritent d'être examinées avant de renoncer :

Aucune de ces pistes n'est automatique : chacune dépend étroitement des circonstances, et seule une analyse du dossier permet de dire ce qui reste possible.

Le bon réflexe : faire vérifier votre délai sans attendre

Dater précisément la notification, vérifier ses mentions, identifier le régime applicable et poser la stratégie (recours administratif d'abord, ou saisine directe du juge, ou les deux) : c'est l'affaire de quelques jours, pas de quelques semaines.

Contactez le cabinet avec la décision et son enveloppe ou son courriel de transmission : la vérification du délai est l'un des premiers points traités, et votre assurance de protection juridique peut prendre en charge l'accompagnement.

 

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