Votre enfant est né à l'étranger. Son père est français, mais il n'était pas marié avec sa mère, il ne l'a pas reconnu, ou il est décédé avant d'avoir pu le faire. Sur place, l'acte de naissance mentionne parfois son nom. Mais en France, l'enfant peut se voir refuser la reconnaissance de sa filiation, de sa nationalité et des droits qui en découlent.
La plupart des enfants nés à l'étranger d'un père français ne rencontrent aucune difficulté : lorsque le père était marié avec la mère ou a reconnu l'enfant, quelques formalités suffisent. Cette page concerne les autres situations, celles où la filiation paternelle est incertaine, contestée ou difficile à prouver. Elles se règlent, mais rarement par une simple formalité.

Que le nom du père figure sur l'acte de naissance local ne signifie pas nécessairement que sa paternité sera reconnue par les autorités françaises. Il faut examiner la valeur de cet acte, les circonstances dans lesquelles il a été établi et la loi applicable à la filiation, qui n'est pas forcément celle du pays où l'enfant est né.
C'est souvent au consulat que la difficulté apparaît : transcription refusée, passeport impossible, certificat de nationalité exigé. Il faut alors identifier la véritable raison du refus : un doute sur l'acte de naissance, une filiation insuffisamment établie, une difficulté sur la nationalité française. Les démarches et les juridictions compétentes ne sont pas les mêmes, et une demande mal engagée peut se solder par un refus qui pèsera ensuite sur le dossier.
Lorsque le père est vivant mais refuse de reconnaître l'enfant, sa paternité peut être établie en justice. L'action appartient à l'enfant ; tant qu'il est mineur, c'est en principe sa mère qui l'exerce en son nom.
Le juge examine la relation des parents au moment de la conception, leurs échanges et l'attitude du père, et peut s'appuyer sur des éléments médicaux. Si un autre homme est déjà désigné comme le père, sa paternité doit d'abord être contestée : un obstacle qui change toute la stratégie.
Le décès du père ne ferme pas la porte, mais il complique la preuve. En France, une expertise génétique sur une personne décédée n'est en principe possible que si elle y avait expressément consenti de son vivant. Il faut donc le plus souvent établir la paternité autrement : échanges entre les parents, témoignages, photographies, soutien financier, éléments révélant leur relation et l'attitude du père.
L'action est alors dirigée contre les héritiers du père. Leur opposition ne suffit pas, à elle seule, à empêcher que la filiation soit établie.
Il ne faut pas attendre : les délais pour agir dépendent de la loi applicable, et ils peuvent être courts lorsqu'une loi étrangère régit la filiation ou la succession.
Ces dossiers sont internationaux par nature. La loi applicable à la filiation n'est pas forcément la loi française et, selon la situation, une juridiction française ou étrangère peut être compétente. Il faut le déterminer avant d'engager une procédure.
Lorsqu'une décision est rendue à l'étranger, il faut vérifier dans quelles conditions elle pourra être reconnue et produire ses effets en France. Le choix du juge et de la loi se fait au début, en fonction des preuves, des délais et des biens en jeu.
L'enfant dont l'un des parents est français est en principe français dès sa naissance. Encore faut-il que sa filiation soit juridiquement établie : la nationalité suit la filiation, jamais l'inverse.
Surtout, la filiation doit être établie pendant la minorité de l'enfant pour lui donner la nationalité française. Une filiation reconnue après ses 18 ans peut lui ouvrir des droits dans la succession de son père, sans plus lui permettre d'obtenir la nationalité française par ce lien.
Établissement de la filiation, preuve de la nationalité, transcription de la naissance, passeport : ces démarches sont distinctes, et leur ordre dépend de la situation de l'enfant et des documents déjà disponibles.
Une fois sa filiation établie, l'enfant peut faire valoir ses droits dans la succession de son père, y compris lorsqu'elle a déjà été réglée sans lui.
L'étendue de ces droits dépend toutefois de la loi applicable à la succession. Un Français installé durablement à l'étranger peut laisser une succession soumise à une loi étrangère, même pour ses biens situés en France, avec ses propres règles et des délais parfois très courts. Il faut identifier rapidement cette loi, les biens concernés, en France et à l'étranger, et ce qu'en a fait la famille. Voir aussi la page Succession d'un parent décédé à l'étranger : quelle loi, quel juge, quels recours pour les héritiers.
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Le cabinet accompagne les Français de l'étranger et leurs familles à distance, par écrit et en visioconférence, quel que soit leur pays de résidence, en lien, lorsque le dossier le demande, avec un avocat exerçant dans le pays concerné. Lorsque le dossier le justifie, un rendez-vous peut aussi être organisé à l'étranger, à l'occasion des déplacements du cabinet. Voir nos modalités d'intervention et nos honoraires, ainsi que la page Avocat pour les Français à l'étranger : retraite, travail, famille, scolarité.
Contactez le cabinet avec ces documents. Une première analyse permettra d'identifier les démarches envisageables, les juridictions susceptibles d'être compétentes et les conséquences possibles pour la nationalité et les droits de l'enfant.