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Jeune adulte autiste sans place à vingt ans : amendement Creton, MAS, FAM, foyer de vie

Par Me Matthieu Rouveyre • Dernière mise à jour le 27 septembre 2026

Votre fils ou votre fille approche de vingt ans, l'âge auquel l'institut médico-éducatif (IME) cesse en principe de l'accueillir. Aucune place ne se profile en maison d'accueil spécialisée (MAS), en foyer d'accueil médicalisé (FAM) ou en foyer de vie. Vous entendez parler de « l'amendement Creton », d'une sortie « sans solution », d'une participation aux frais d'hébergement que l'on vous réclame. Ce passage vers l'âge adulte est l'un des moments les plus redoutés par les familles, et l'un des plus mal balisés.

Jeune adulte autiste sans place à vingt ans
Sommaire
  1. Vingt ans, et aucune place en établissement pour adultes
  2. L'amendement Creton : un maintien, pas une solution
  3. Le passage vers le secteur adulte se prépare
  4. Qui paie l'hébergement, pendant le maintien et après
  5. Pas de place en MAS ou en FAM : les recours contre l'État
  6. Questions fréquentes
  7. L'IME doit-il trouver lui-même une place pour mon enfant devenu adulte ?
  8. L'IME peut-il mettre fin à l'accueil le jour des vingt ans ?
  9. Le département me réclame une participation aux frais d'hébergement : est-ce normal ?
  10. Mon enfant attend une place en MAS depuis des années : que puis-je faire ?

Vingt ans, et aucune place en établissement pour adultes

Les établissements pour adultes lourdement handicapés manquent de places, et l'attente peut durer des années. Dans certains départements, les jeunes adultes restés en établissement pour enfants représentent une part importante des effectifs, ce qui retarde d'autant l'accueil des plus jeunes.

Pour la famille, la question est immédiate : que devient le jeune au jour de ses vingt ans, qui décide, et qui paie ?

L'amendement Creton : un maintien, pas une solution

La loi permet de maintenir le jeune adulte dans l'établissement pour enfants au-delà de la limite d'âge, dans l'attente d'une place adaptée : c'est l'article L. 242-4 du code de l'action sociale et des familles, dit « amendement Creton ». Ce maintien est décidé par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), et il obéit à des conditions précises.

Il protège contre la rupture brutale : le jeune ne se retrouve pas à domicile du jour au lendemain. Mais il ne règle rien sur le fond. L'établissement pour enfants n'est plus adapté à un adulte, et le maintien ne dispense pas les autorités de trouver une véritable solution.

Un tribunal administratif a ainsi enjoint à un établissement, qui invoquait son effectif maximal, de continuer à accueillir une jeune femme maintenue à ce titre.

Le passage vers le secteur adulte se prépare

Beaucoup d'idées reçues circulent entre familles sur ce moment : sur le rôle de l'IME dans la recherche d'une place adulte, sur ce que la MDPH doit faire et à quel moment, sur ce qui arrive si rien n'a été demandé avant les vingt ans. Certaines de ces croyances conduisent à des situations difficiles à rattraper.

La transition se prépare bien avant la limite d'âge, avec la MDPH et avec l'établissement. Les démarches à accomplir, et leur calendrier, dépendent de la situation du jeune, de l'orientation envisagée et du département.

Un tribunal judiciaire a toutefois reconnu, après coup, le bénéfice du maintien à un jeune adulte resté dans son institut sans que le maintien ait été demandé en temps utile, en mettant les conséquences financières à la charge de la MDPH. Les situations mal engagées ne sont donc pas toujours perdues.

Qui paie l'hébergement, pendant le maintien et après

La question des frais d'hébergement est souvent le véritable enjeu financier : selon l'orientation retenue, ils relèvent de l'assurance maladie ou de l'aide sociale du département, avec parfois une participation demandée au jeune adulte ou à sa famille.

Les litiges sont fréquents : date à partir de laquelle le département prend en charge, demande jugée tardive, mise en demeure de payer adressée au jeune ou à sa famille. Un tribunal administratif a annulé une mise en demeure de payer de plus de trente-huit mille euros adressée à un jeune adulte maintenu ; un autre a imposé au département une prise en charge remontant à la date de l'orientation.

Pas de place en MAS ou en FAM : les recours contre l'État

Comme pour l'enfant sans place en IME, l'absence de prise en charge d'un adulte orienté en MAS ou en FAM peut engager la responsabilité de l'État. Un tribunal administratif l'a retenue en 2026 pour un adulte polyhandicapé, alors même que la décision d'orientation ne désignait aucun établissement.

Les voies d'urgence sont plus étroites qu'on ne le croit : le juge des référés ne peut pas ordonner l'admission dans un établissement complet ni la création d'une place. La réparation du préjudice, elle, reste ouverte : voir notre page Enfant autiste sans place en IME : faire condamner l'État et indemniser la famille, dont les principes valent aussi pour les adultes.

Questions fréquentes

L'IME doit-il trouver lui-même une place pour mon enfant devenu adulte ?

C'est une croyance répandue, mais ce n'est pas ainsi que la loi répartit les rôles. Savoir qui doit faire quoi, et le leur rappeler, fait partie de l'accompagnement du cabinet.

L'IME peut-il mettre fin à l'accueil le jour des vingt ans ?

Pas n'importe comment : la fin de l'accompagnement obéit à des règles, et le maintien au titre de l'amendement Creton peut être décidé. Chaque situation doit être examinée avant l'échéance.

Le département me réclame une participation aux frais d'hébergement : est-ce normal ?

Une participation peut être due selon l'établissement et les ressources, mais les réclamations sont parfois erronées dans leur principe, leur montant ou leur point de départ. Elles se contestent.

Mon enfant attend une place en MAS depuis des années : que puis-je faire ?

Plusieurs voies existent, de la contestation des décisions de la MDPH à l'action en responsabilité contre l'État. Voir aussi notre page Contester une décision de la MDPH : orientation, AESH, AEEH, PCH, quels recours ?.

Le cabinet accompagne les familles de jeunes adultes handicapés, avant et après la limite d'âge, partout en France. Si l'échéance approche sans solution, faites examiner la situation le plus tôt possible.

 

73, rue Leyteire
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Avocat au Barreau de Bordeaux

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