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Enfant autiste sans place en IME : faire condamner l'État et indemniser la famille

Par Me Matthieu Rouveyre • Dernière mise à jour le 27 septembre 2026

Votre enfant a obtenu de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) une orientation en institut médico-éducatif (IME), en SESSAD ou dans un autre établissement. Les mois, parfois les années, passent sans qu'aucune place ne se libère. Pendant ce temps, l'enfant perd des acquis, un parent réduit ou arrête son activité, les frères et sœurs vivent au rythme de l'attente. Ce préjudice peut être réparé : l'État peut être condamné à indemniser votre famille.

Enfant autiste sans place en IME
Sommaire
  1. L'absence de prise en charge : une faute de l'État reconnue par les tribunaux
  2. Qui peut être indemnisé : l'enfant, chacun des parents, les frères et sœurs
  3. Les préjudices en cause : souffrance, régression, carrière sacrifiée, frais engagés
  4. Ce que le juge examine avant de condamner
  5. Une procédure en deux temps : la demande préalable, puis le tribunal
  6. Questions fréquentes
  7. Mon enfant a fini par obtenir une place : puis-je encore être indemnisé ?
  8. L'État peut-il m'opposer le manque de places ?
  9. Mon enfant était scolarisé en ULIS ou suivi par un SESSAD en attendant l'IME : est-ce un obstacle ?
  10. L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) réduit-elle l'indemnisation ?
  11. Faut-il un avocat ?
  12. Combien de temps dure la procédure ?

L'absence de prise en charge : une faute de l'État reconnue par les tribunaux

La loi garantit à chaque enfant le droit à l'éducation, et aux enfants autistes une prise en charge pluridisciplinaire adaptée à leur âge et à leurs besoins. Lorsque la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a reconnu ce besoin et que l'enfant reste sans solution, la carence de l'État est constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité.

Devant le juge de l'indemnisation, l'État ne peut pas se retrancher derrière le manque de places ou les allocations versées à la famille. Une cour administrative d'appel a même qualifié son obligation, en 2026, d'obligation de résultat.

Cette responsabilité ne concerne pas seulement l'IME : elle a été retenue pour des services d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD), pour une place en ULIS jamais attribuée, pour un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) absent, et pour des adultes sans place en maison d'accueil spécialisée.

Qui peut être indemnisé : l'enfant, chacun des parents, les frères et sœurs

Le préjudice ne s'arrête pas à l'enfant privé de prise en charge. Les tribunaux indemnisent :

Si l'enfant est décédé, l'action peut être poursuivie au nom de sa succession.

Les préjudices en cause : souffrance, régression, carrière sacrifiée, frais engagés

Plusieurs postes de préjudice peuvent être réclamés, chacun avec ses exigences :

Les sommes allouées varient fortement d'un dossier à l'autre : de quelques milliers d'euros à plus de cent mille euros pour une même famille. À durée d'attente comparable, l'écart tient moins au temps passé qu'à la manière dont le préjudice est démontré.

Ce que le juge examine avant de condamner

Le juge ne se contente pas de constater qu'une orientation n'a pas été exécutée. Il examine la situation de la famille période par période, décision de la CDAPH par décision de la CDAPH, et regarde de près les démarches accomplies et les pièces qui les prouvent.

C'est sur ce terrain que se perdent de nombreux dossiers : des familles dont l'enfant est resté des années sans solution voient leur demande rejetée, ou la période indemnisée réduite à quelques mois, faute d'avoir pu établir ce que le juge attendait. À l'inverse, un dossier construit avec méthode permet de faire valoir l'ensemble de la période d'attente.

Dans certains cas, le juge peut aussi enjoindre à l'État de mettre fin à la situation lorsqu'elle dure encore au jour du jugement.

Une procédure en deux temps : la demande préalable, puis le tribunal

L'action commence par une demande adressée à l'administration, qui chiffre les préjudices. En cas de refus ou de silence, le tribunal administratif est saisi. Parce qu'elle tend au paiement d'une somme d'argent, cette procédure impose l'assistance d'un avocat.

Les droits à réparation sont enfermés dans des délais : une partie de la période d'attente peut être perdue si l'on tarde à agir. Dans certaines situations, un référé-provision permet d'obtenir une avance avant le jugement. Une fois l'indemnité accordée, encore faut-il être payé : le cabinet vous accompagne aussi pour obtenir le paiement d'une somme que l'administration a été condamnée à verser.

L'indemnisation n'exclut pas l'urgence : si votre enfant est aujourd'hui sans aucune solution, voir notre page Manque de place en IME : comment défendre les droits de votre enfant autiste face aux refus ?.

Questions fréquentes

Mon enfant a fini par obtenir une place : puis-je encore être indemnisé ?

Oui. L'admission met fin à la carence, pas au droit à réparation pour la période d'attente, dans la limite des délais applicables.

L'État peut-il m'opposer le manque de places ?

Pas devant le juge de l'indemnisation : le manque de places n'exonère pas l'État de sa responsabilité. Ce qui est examiné, c'est l'ensemble de la situation de votre famille.

Mon enfant était scolarisé en ULIS ou suivi par un SESSAD en attendant l'IME : est-ce un obstacle ?

Non, pas en soi. Une solution d'attente qui ne correspond pas à l'orientation décidée par la CDAPH n'exécute pas cette décision. Chaque situation doit toutefois être analysée.

L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) réduit-elle l'indemnisation ?

Elle n'a pas pour objet de réparer la carence de l'État et ne dispense pas celui-ci de ses obligations. Elle peut en revanche compter dans l'évaluation de certains postes, comme les frais ou la perte de revenus.

Faut-il un avocat ?

Oui : la demande tendant au paiement d'une somme d'argent devant le tribunal administratif impose le ministère d'avocat.

Combien de temps dure la procédure ?

Plusieurs mois pour la phase amiable, souvent deux à trois ans devant le tribunal. D'où l'intérêt d'agir tôt, et parfois de demander une provision.

Le cabinet accompagne les familles dans la constitution du dossier, le chiffrage des préjudices et la procédure, partout en France. Si votre enfant est resté ou reste sans prise en charge adaptée, faites examiner votre situation.

 

73, rue Leyteire
33000 Bordeaux

Avocat au Barreau de Bordeaux

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