Votre enfant est scolarisé dans un lycée français à l'étranger. Une exclusion, parfois une simple lettre annonçant qu'il ne sera pas réinscrit, et c'est toute l'organisation de la famille qui vacille, souvent à quelques semaines de la rentrée.
Ces décisions se contestent. Mais les voies ne sont pas les mêmes selon l'établissement, et le temps est compté. Ce qui suit vaut aussi pour les écoles et les collèges français à l'étranger.

Derrière le même nom de « lycée français », il existe trois réalités : des établissements gérés directement par l'agence publique française chargée de l'enseignement français à l'étranger (AEFE), des établissements locaux liés à elle par une convention, et des établissements simplement homologués.
Dans les établissements en gestion directe, la sanction est une décision de l'administration française : elle peut être contestée devant le juge administratif français, qui peut la suspendre ou l'annuler. Dans les établissements conventionnés ou partenaires, la décision est prise par l'organisme gestionnaire, une personne privée le plus souvent de droit local : le juge administratif français n'en connaît en principe pas, et les recours dépendent des règles de l'établissement et du droit du pays.
Il faut donc identifier précisément l'auteur de la décision avant de savoir devant qui agir. C'est la première chose que le cabinet vérifie, et c'est là que se joue l'essentiel : repérer les situations où une décision prise à l'étranger peut être portée devant un juge français.
Avertissement, blâme, exclusion temporaire ou définitive : les sanctions possibles et les conditions dans lesquelles elles sont prononcées dépendent du statut de l'établissement et des textes qui lui sont applicables. Dans les établissements en gestion directe, la procédure disciplinaire est encadrée par les règles françaises et par le règlement intérieur. Une sanction qui ne repose sur aucun texte applicable, ou qui méconnaît les garanties prévues, peut être contestée.
Une mesure conservatoire prise dans l'attente du conseil de discipline, comme l'interdiction d'accès à l'établissement, n'est pas en principe une sanction. Elle doit répondre à une nécessité, et ne peut pas servir à contourner les garanties de la procédure disciplinaire.
La procédure obéit à des garanties : être convoqué à temps, connaître précisément les faits reprochés, consulter le dossier, présenter sa défense, se faire assister. Quand elles n'ont pas été respectées, la décision peut tomber : voir la page Comment invoquer des vices de procédure contre une décision administrative.
Le juge vérifie la réalité des faits reprochés, le respect des droits de la défense et la proportionnalité de la sanction. Même lorsque les faits sont établis, une exclusion définitive peut être illégale. En cas de recours en urgence, les possibilités de scolariser l'enfant dans un autre établissement du pays entrent aussi dans l'appréciation de sa situation.
Un refus de réinscription peut avoir les mêmes conséquences qu'une exclusion sans être, juridiquement, une sanction disciplinaire. Les motifs invoqués, les conditions d'inscription et le statut de l'établissement déterminent alors les recours possibles. Lorsque la décision vise en réalité à sanctionner le comportement de l'élève, ou un différend entre ses parents et la direction, c'est sa véritable nature qu'il faut faire examiner.
La nationalité française ne donne pas, à elle seule, droit à une place dans un établissement précis. Tout l'enjeu est dans les motifs invoqués par l'établissement, et dans ce que la famille peut démontrer.
Lorsque la décision relève du juge administratif français, un référé permet d'en demander rapidement la suspension, en particulier quand l'exclusion compromet la poursuite de la scolarité ou la préparation d'un examen : voir la page Référé-suspension : obtenir la suspension d'une décision administrative en urgence. Dans des circonstances exceptionnelles, et à des conditions très strictes, une autre procédure peut être envisagée : voir la page Référé-liberté : faire cesser en quarante-huit heures une atteinte à une liberté fondamentale.
Selon le statut de l'établissement et la nature de la décision, un recours interne ou administratif peut aussi être prévu. Il faut en vérifier les modalités, et ses effets sur les délais pour saisir le juge : voir la page Le recours gracieux : faire annuler une décision.
Les délais, les règles de compétence et les exigences de procédure s'appliquent même à plusieurs milliers de kilomètres. Saisir le mauvais tribunal fait perdre des jours qui ne se rattrapent pas avant la rentrée. Et une requête déposée sans avocat depuis un pays situé hors d'Europe doit respecter une formalité particulière, faute de quoi elle peut être rejetée sans examen du fond.
Rassemblez :
Le cabinet intervient à distance, par écrit et en visioconférence, quel que soit votre pays de résidence. Lorsque le dossier le justifie, un rendez-vous peut aussi être organisé à l'étranger, à l'occasion des déplacements du cabinet. Voir nos modalités d'intervention et nos honoraires. Votre assurance de protection juridique peut prendre en charge la démarche.
Contactez le cabinet avec ces documents : la première analyse dit devant qui agir, et dans quel délai.