Chaque année, le retraité qui vit hors de France doit prouver à ses caisses françaises qu'il est toujours en vie. Une formalité, tant qu'elle se passe bien.
Quand le certificat se perd, arrive trop tard ou n'est pas enregistré, la pension s'arrête, parfois du jour au lendemain, parfois pour plusieurs caisses à la fois. Cette page explique pourquoi une pension est suspendue, ce qui peut être réclamé, et ce qu'un avocat peut faire depuis la France.

Le certificat de vie, également appelé certificat d'existence, permet aux caisses françaises de vérifier que le retraité établi à l'étranger est toujours en vie. Le contrôle vaut pour toutes les pensions françaises : régime général, retraite complémentaire Agirc-Arrco, régimes des indépendants et des professions libérales, pensions des anciens fonctionnaires, pensions de réversion.
Il peut se faire par l'application « Mon certificat de vie », qui repose sur la reconnaissance faciale, ou par un formulaire visé par une autorité du pays de résidence ou par le consulat. Dans certains pays, l'état civil local informe directement les caisses françaises, et aucune démarche n'est demandée.
Certaines suspensions prennent fin d'elles-mêmes, dès que la caisse enregistre le certificat. D'autres durent des mois : la retraite reste bloquée malgré les démarches du retraité.
Les causes sont souvent étrangères au retraité :
Une suspension décidée pour une caisse peut s'étendre aux autres, et le retraité se retrouve privé de la totalité de ses revenus.
La caisse ne peut pas suspendre votre pension à sa seule convenance. Le code de la sécurité sociale encadre le contrôle d'existence : le justificatif ne peut vous être demandé qu'une fois par an, et un délai doit vous être laissé pour répondre.
Une suspension prématurée, décidée sans respecter ces règles, ou maintenue alors que le certificat a été transmis, se conteste. Le retard de la caisse n'est pas une fatalité.
La suspension ne signifie pas que les mensualités sont perdues : leur paiement se réclame. Il faut cependant agir sans tarder, car les plus anciennes peuvent être atteintes par la prescription. Le temps joue contre le retraité qui attend.
Lorsque la suspension ou une reprise tardive résulte d'une faute de la caisse, le retraité peut aussi demander réparation des conséquences subies : frais bancaires, difficultés financières, préjudice moral, à condition de pouvoir les établir. En 2023, une cour d'appel a ainsi condamné une caisse à verser des dommages et intérêts à un retraité privé d'une partie de ses ressources pendant un an, en plus de l'arriéré. Voir la page Erreur ou retard de la caisse de retraite : obtenir réparation.
Tous les recours ne se valent pas, et ne se portent pas devant le même juge :
Lorsque la suspension prive le retraité de ressources indispensables, il faut agir vite. Selon le régime et les circonstances, une procédure d'urgence peut être engagée pour obtenir la reprise des versements sans attendre l'issue du procès.
Le tribunal compétent n'est pas toujours celui qu'on imagine lorsqu'on vit hors de France. Une requête mal dirigée fait perdre des mois.
Rassemblez :
Le cabinet intervient à distance, par écrit et en visioconférence, quel que soit votre pays de résidence. Voir nos modalités d'intervention et nos honoraires. Votre assurance de protection juridique peut prendre en charge la démarche.
Pour les autres difficultés avec vos caisses depuis l'étranger (impôt, minimum vieillesse, trimestres travaillés hors de France), voir la page Retraité français à l'étranger : pension suspendue, impôt, caisse injoignable.
Votre pension reste suspendue malgré vos démarches ? Contactez le cabinet avec ces documents : la première analyse dit ce qui peut être réclamé, à qui, et dans quel ordre.