Un relevé de carrière incomplet, une estimation de pension fausse, une question écrite restée sans réponse, une pension versée avec des mois de retard ou suspendue du jour au lendemain : les erreurs des caisses de retraite sont fréquentes, et leurs conséquences durent parfois toute la retraite.
La caisse de retraite est une administration, et ses fautes engagent sa responsabilité. Cette page explique quelles erreurs se réparent, pourquoi il faut agir vite, et comment s'y prendre.

Les situations les plus courantes :
Chaque année, des dizaines de milliers de dossiers sont liquidés avec retard ou avec une erreur, de l'aveu même des pouvoirs publics.
Une fois la pension notifiée, les délais pour la contester sont courts. Passé ces délais, les bases de calcul ne se discutent plus, même quand l'erreur vient de la caisse.
Et un droit qui n'a pas été demandé n'est pas versé rétroactivement : une pension, une réversion ou une majoration réclamée trop tard est perdue pour le passé. C'est souvent là qu'une information erronée ou une absence de réponse coûte le plus cher.
La caisse de retraite doit informer les assurés, répondre à leurs demandes et leur adresser les documents que la loi prévoit. Lorsqu'elle manque à ces obligations, et que l'assuré en subit une perte (départ trop tôt ou trop tard, droit perdu, réversion supprimée), sa responsabilité peut être engagée.
La réparation ne rétablit pas toujours le droit perdu, mais elle compense la perte subie, parfois à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Tout dépend de ce que l'assuré aurait fait s'il avait été correctement informé : cela se démontre, pièces à l'appui.
Un dossier de retraite déposé suffisamment tôt et complet doit être traité à temps. Quand ce n'est pas le cas, le retraité se retrouve sans revenu, parfois pendant plusieurs mois, alors que ses charges continuent.
Ce retard a des conséquences : arrérages à réclamer, frais bancaires, découvert, emprunt, préjudice moral. La caisse ne peut pas se retrancher derrière sa charge de travail : un retard fautif se répare.
La retraite complémentaire des salariés du privé obéit à ses propres règles, fixées par accord entre partenaires sociaux, et ses litiges ne relèvent pas du même juge que ceux de la caisse de base.
Les difficultés les plus fréquentes : des points manquants, une pension de réversion jamais versée ou versée en partie, et, depuis quelques années, des pensions suspendues faute de retour d'un certificat de vie, notamment pour les retraités qui vivent à l'étranger. Des arrérages ont parfois été perdus ou retenus pendant des années : ils se réclament.
Fonctionnaire ou conjoint de fonctionnaire ? L'erreur relève alors du service des retraites de l'État ou de la CNRACL : voir la page Pension de fonctionnaire : contester une erreur de calcul ou un refus.
Un médecin, qui avait aussi cotisé au régime général, n'a demandé cette retraite que douze ans après avoir cessé son activité : la caisse ne lui avait jamais adressé le relevé de situation qu'elle lui devait. Elle refusait de lui verser les années passées. La cour d'appel la condamne à lui payer 50 000 €.
Une assistante maternelle, qui percevait une pension de réversion, écrit à sa caisse pour savoir si elle peut continuer à travailler sans la perdre. La caisse lui adresse un simple formulaire, sans répondre à sa question ; la réversion est ensuite supprimée. La cour d'appel condamne la caisse à lui verser 66 000 €.
Une veuve, hébergée en établissement pour personnes âgées, réclame à son institution de retraite complémentaire une réversion dont elle n'avait pas perçu les arrérages pendant près de vingt ans. Le tribunal condamne l'institution à lui verser plus de 31 000 € d'arrérages.
Rassemblez :
Les délais pour contester une décision de la caisse sont courts : consultez les délais pour contester une décision administrative. Si la caisse vous réclame au contraire des sommes, voir la page Trop-perçu de retraite : la caisse vous réclame un remboursement. Plus largement, voir les règles de la responsabilité de l'administration.
Contactez le cabinet avec ces documents : la première analyse dit ce qui peut être réclamé et à qui. Votre assurance de protection juridique peut prendre en charge la démarche.