Vous êtes fonctionnaire ou militaire à la retraite et vous avez repris une activité : quelques heures d'enseignement, un poste d'accompagnant d'élèves, l'accueil d'enfants confiés, un contrat dans une mairie ou un hôpital. Des années plus tard, le service des retraites de l'État ou la CNRACL vous écrit : votre pension est suspendue et un « indu » vous est réclamé, parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Le certificat de suspension et la demande de remboursement sont des décisions, et une décision se conteste. Cette page explique d'où viennent ces demandes, pourquoi elles frappent des retraités de bonne foi, et comment réagir.

Un retraité de la fonction publique peut retravailler. Mais tant qu'il ne remplit pas les conditions du cumul intégral, ses revenus d'activité sont plafonnés chaque année. Lorsque ce plafond est dépassé, le versement de la pension est réduit, et il peut être suspendu en totalité.
Les conditions du cumul intégral tiennent à l'âge, à la durée de la carrière et à la situation du retraité auprès de tous les régimes dont il a relevé. Une seule condition manquante suffit à faire retomber sous le plafond, souvent sans que l'intéressé s'en doute.
Les demandes de remboursement visent surtout des agents partis tôt, avec une pension modeste, qui ont repris un emploi utile et mal payé :
Ces dernières années, le service des retraites contrôle ces situations à partir des déclarations de revenus. Certaines réclamations portent sur cinq, dix, voire quinze années de pension.
C'est la surprise la plus fréquente. Avoir déclaré ses revenus au fisc, avoir prévenu son nouvel employeur ou son rectorat ne vaut pas déclaration au service qui verse la pension. Et lorsque la reprise d'activité n'a pas été déclarée à ce service, la prescription, qui limite en principe la réclamation aux dernières années, peut être écartée, même sans la moindre fraude.
La règle est sévère, et les tribunaux l'appliquent. La demande n'en est pas pour autant exacte : la période réclamée, les revenus retenus pour le calcul, ce que l'administration savait de votre situation et la régularité des actes qu'elle vous adresse se vérifient, et ils font parfois varier la somme dans des proportions importantes.
La pension militaire obéit à des règles propres. Elle ne se cumule pas de la même façon selon que le nouvel employeur est une entreprise ou une administration, selon la durée des services accomplis et selon l'âge. Un ancien militaire recruté par un ministère, une collectivité ou un hôpital peut ainsi voir sa pension réduite pendant plusieurs années.
La nature exacte du nouvel employeur, la durée des services accomplis et la situation mentionnée sur le titre de pension sont alors déterminantes. Ces éléments se vérifient avant la reprise d'activité et, lorsque la pension est déjà suspendue, dans le cadre de la contestation.
Pour les pensions de l'État, la procédure se déroule en deux temps. Le service des retraites établit d'abord un certificat de suspension, qui fixe les années et les montants en cause. Un titre de perception vous réclame ensuite la somme. La CNRACL procède autrement, par courriers successifs.
Chaque acte ouvre son propre délai pour contester une décision administrative, et ne pas contester le premier peut fermer des portes pour la suite. Le juge ne peut ni étaler la dette ni en faire remise : ces demandes s'adressent à l'administration, selon des règles distinctes de la contestation.
Votre pension de fonctionnaire a été mal calculée dès l'origine ? Voir la page Pension de fonctionnaire : contester une erreur de calcul ou un refus.
Trois décisions rendues par des tribunaux administratifs en 2025 et 2026.
Une professeure à la retraite reprend un poste d'enseignante. Sept ans plus tard, le service des retraites lui réclame plus de 66 000 €. Le tribunal administratif écarte deux années de la réclamation et condamne l'État à l'indemniser.
Une ancienne agente hospitalière devenue assistante familiale se voit réclamer près de 14 000 € pour une seule année. Le tribunal recalcule la somme et la ramène à moins de 8 000 €.
Une musicienne militaire à la retraite enseigne dans une école de musique intercommunale. Sa pension est suspendue. Le tribunal annule la suspension et la demande de remboursement, et condamne l'État à réparer son préjudice moral.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 change les règles pour les pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2027 : la date de votre départ et le projet d'activité qui le suit se préparent ensemble. Certaines démarches en apparence anodines, comme demander avant la fin de sa carrière une petite pension d'un autre régime, ont des effets définitifs sur la pension de fonctionnaire. Voir la page Préparer son départ à la retraite : sécuriser ses droits avant la liquidation.
Si le courrier est déjà arrivé, avant de payer ou de signer un échéancier, réunissez :
Contactez le cabinet avec ces documents : leur examen permet de vérifier la légalité de la suspension, la période retenue et le calcul de la somme réclamée, et de déterminer les recours encore ouverts. Votre assurance de protection juridique peut prendre en charge la démarche.